- Article publié le 20 juin 2022 sur LinkedIn
La vague du #EudiantsSansMaster a mis en lumière les difficultés rencontrées par les étudiants pour poursuivre leurs études en Master. De plus en plus de candidats pour un nombre de places qui augmente peu et beaucoup de déception à la clef. Pourtant des solutions existent.
Décryptage : la loi, la réalité et des conseils (pour ceux qui lisent jusqu’au bout😉)
Le droit à la poursuite d’études : la loi… et la pratique
La réforme de 2017 instaure un droit à la poursuite d’études : en théorie, l’accès en M1 est de droit pour les titulaires d’une licence et le la poursuite en M2 automatique ; sauf si l’établissement fait face à trop de demandes et limite sa capacité d’accueil.
Or dans la pratique, ce « sauf » est loin d’être une exception.
👉 C’est le cas en Droit, Science Politique, Sciences, Eco-gestion, Psychologie et Langues. Dans certains domaines comme le management culturel, la traduction et l’interprétation, seuls 10 % des étudiants obtiennent le Master désiré d’après l’ONISEP. Dans toutes ces disciplines, l’admission en M1 fait l’objet d’une rude sélection.
La loi prévoit des recours pour les étudiants sans Master. Ils ont 15 jours après l’obtention de la licence pour saisir le recteur. Celui-ci doit leur proposer au moins 2 Masters correspondant à leur projet professionnel et compatible avec la mention de licence obtenue. Mais les alternatives proposées sont souvent très éloignées du projet de l’étudiant qui se retrouve sans affectation.
Sélection selon le type de Master et la filière visés
La sélection varie fortement d’un Master et d’une filière à l’autre car chaque responsable de Master fixe les critères d’admission pour sa formation.
✔️ Les Masters d’université : peuvent être très sélectifs et pas uniquement à Dauphine ou Assas ! Il est fréquent de voir des taux d’admission aux alentours de 20% en droit ou commerce par exemple. La sélection se fait sur dossier avec parfois un entretien.
✔️ Les Master d’Ecoles : recouvrent une grande variété de formations et de processus d’admission. Certains sont très sélectifs et reconnus. D’autres, moins sélectifs, peuvent être tentants mais n’ont parfois aucune valeur. Renseignez-vous sur l’école pour vérifier la validité du Master. 🚩Un Master d’école n’est pas un Diplôme National de Master et n’a parfois même pas le grade de Master (+ d’info sur ces distinctions ici).
✔️ Les Master des Grandes Ecoles : ici pas de surprise, ultra sélectivité et formations reconnues sont de mise, sur concours ou dossier avec un entretien. Parfois un autre type d’examen est demandé : GMAT pour le management ou test de langue pour les formations à dimension internationale par exemple. La concurrence est d’autant plus rude que des bons étudiants étrangers postulent aussi à ces Masters.
Sélection en fonction des études antérieures
📌 Impact indirect du Bac Certains Masters prennent en compte les résultats au Bac (mention) mais surtout le Bac a un effet ricochet : Bac mention ► Formation post Bac sélective ► Master.
📌 Impact de la formation en Licence ou équivalent Les notes obtenues en premier cycle sont essentielles. Etant donné le ratio candidatures/places disponibles, un étudiant aux résultats moyens a peu de chances d’intégrer un Master sélectif, voire un Master tout court dans certaines disciplines.
👉 D’autres critères jouent : les étudiants déjà inscrits dans l’établissement proposant le master sont avantagés. De même les chances augmentent si la spécialisation du premier cycle correspond à celui du Master.
🚩 Licence ≠ grade licence : le droit à la poursuite d’études ne s’applique qu’aux étudiants titulaires d’un diplôme national de licence.
Le diplôme donnant le grade de licence permet de postuler en Master mais ne garantit pas une place (pas de recours possible).
👉 Si vous optez pour une formation grade licence, il faut donc choisir une bonne école.
🚩 De même, se méfier des promesses des formations : toutes disent ouvrir les meilleurs masters à leurs étudiants. Avant de s’engager, vérifier ces informations, demander des chiffres, parler avec d’anciens étudiants.
3 conseils pour déjouer la sélection
1. Anticiper !
✔️ Se renseigner sur les Masters accessibles avec les formations envisagées en Terminale
✔️ S’investir dans ses études dès la première année pour obtenir de bons résultats, ce qui suppose d’aimer ce que l’on fait et de savoir pourquoi on le fait
2. Se donner un maximum de chances
✔️ Construire un parcours qui a du sens pour se différencier (spécialisation, stages et expériences diverses, langues, échanges, etc.)
✔️ Ne pas sous-estimer la sélection, se renseigner auprès de chaque formation et postuler à un grand nombre de Masters sur une zone géographique large
3. Prévoir des alternatives
Si les résultats en premier cycle sont moyens et/ou la formation peu reconnue, envisager d’autres voies que le Master : formations alternatives, stage long, service civique, séjour linguistique, etc. soit 👉 pour postuler de nouveau l’année suivante avec un dossier plus riche soit 👉 pour s’insérer dans le monde professionnel
Vous l’aurez compris, l’entrée en master se prépare. Penser son projet d’orientation au lycée ou au début de ses études supérieures permet d’anticiper les obstacles et de réussir.
Sources
Plateforme trouvermonmaster.gouv.fr
Guide de l’Etudiant – Spécial Masters 2021
Ministère de l’enseignement supérieur, « L’insertion professionnelle en Master dépend-elle du niveau scolaire atteint au baccalauréat ? », Note d’information du SIES, n° 18, Décembre 2020
ONISEP, Dossier Réussir en master 2021
RAYBAUD (A.), « Masters à l’université, avis d’embouteillage à l’entrée », Le Monde, 27 janvier 2021.
